CHAP III : «Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.» (Victor Hugo)


PARTIE 1/2

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Blog de lelekazu2 : Comme une Histoire de Touline, CHA III : «Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.» (Victor Hugo)

« Axel ! Axel !... Putain regardes moi !! Axel !! »

- Est-ce qu’il est… ?

- Vous, la ferme !! »

 

Damien ne savait pas quoi faire, il n’osait même pas toucher son ami pour vérifier s’il était conscient ou non. Son corps était inerte, encastré dans la carcasse brûlante et fumante de la voiture accidentée contre l’arbre, au bord de la chaussée. L’arbre s’était brisé sous l’impact. Axel avait le ventre ouvert de part en part, coincé entre le bois et le métal. Le spectacle avait arraché plusieurs relents au conducteur. Stéphanie restait au sol, choquée, totalement déboussolée et incrédule face à cette scène incroyable. Axel l’avait repoussé avec force en arrière pour l’écarter de la route de la voiture folle, mais lui n’avait pas bougé d’un millimètre. La jeune fille avait fixé le sordide spectacle sans rien comprendre, et désormais, c’était son état de choc qui la forçait à garder son regard posé sur son ami broyé. Elle tremblait et avait du mal à respirer. Elle se sentait défaillir mais pourtant restait bien éveillée, elle n’arrivait même pas à pleurer tant c’était irréaliste.

 

« Axel ! » Continuait de hurler Damien en espérant qu’il se réveille ou simplement qu’il lui montre un quelconque signe de vie. Chacun de ses muscles tremblait sous la peur. Il était paniqué devant le manque total de réaction de son ami, mais il n’arrivait pas appeler l’ambulance, ses doigts tremblaient trop pour composer  le numéro des urgences. L’étrange jeune femme arriva alors doucement et posa sa main sur l’épaule de Damien pour le faire se reculer du véhicule sans aucune délicatesse. Il était sur son chemin et elle voulait passer. Elle arriva auprès d’Axel et posa ses longs doigts aux ongles noirs à son cou. Un long soupire sortit de ses lèvres, un soupire d’agacement… Elle s’approcha davantage et vint l’embrasser un instant sur les lèvres. Damien resta abasourdit devant cette scène assez glauque. Elle se redressa enfin et le regarda avec un intérêt mêlé à la contrariété. Cette inconnue s’éloigna ensuite du lieu de l’accident en s’allumant une nouvelle cigarette et attrapa le portable de Damien pour y composer un court numéro avant coller l’appareil à son oreille:

 

« Ouai allô ? Accident grave au croisement des rues Victor Hugo et Théophile de la Grange. Un blessé grave coincé entre le véhicule et un arbre. Il respire, mais n’est pas conscient. »

 

Elle raccrocha sans en dire plus aux ambulanciers, avait-elle seulement laissé le temps à son interlocuteur de dire quelque chose ? Elle lança le téléphone à Damien et repris sa route sans aucun regard envers Axel ou Stéphanie, dans un mépris bien visible. Le brun aurait voulu lui demander qu’elle était son problème mais une étrange lueur  qu’il avait cru voir derrière ses lunettes opaques le contraint au silence. Elle dégageait quelque chose de malsain et de terriblement imposant malgré son corps qui semblait fragile et maigre. Damien sortit de ses pensées en entendant un gémissement plaintif émaner de la voiture : Axel essayait de bouger mais chaque geste était une torture incommensurable, une douleur à vous en jeter dans le vide pour la faire cesser. A chaque fois qu’il essayait de bouger, ses blessures déjà béantes s’aggravaient à vu d’œil le faisant saigner davantage et lui arrachant un cri de douleur intense.

 

« Axel ! Non, ne bouge pas ! L’ambulance arrive… Je t’en pris ne force pas. » lui dit le plus calmement possible Damien en posant délicatement sa main sur sa nuque seule partie de son corps encore intact. Il se voulait rassurant, cherchant aussi à l’empêcher de bouger.

 

« Sté…Stéphanie… » Réussit à souffler Axel avant de se mettre à cracher du sang dans un râle de souffrance. Même utiliser ses cordes vocales ne faisant qu’ouvrir davantage ses plaies internes.

 

« Elle… Elle n’a rien, elle est à côté de moi ! Alors s’il te plaît ne bouge pas et ne dis plus rien… » Sa voix se brisa et des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Il était dans un état total de panique.

Les minutes étaient de plus en plus longues, l’attente une vraie torture. Chacun des gémissements du roux lui déchirait un peu plus le cœur et coupaient sa respiration durant quelques secondes, il avait l’impression de mourir étouffer d’une lente strangulation à force de le regarder agoniser ainsi sans rien pouvoir faire.

Damien bougea légèrement les doigts, rien que ce geste infime lui déchira  à nouveau les muscles et il cria de nouveau ; cette contraction de sa gorge amena une nouvelle hémorragie à ses lèvres. Le capot de la voiture encastrée n’était plus du tout gris mais d’un rouge écarlate. Damien prit aussitôt sa main entre les siennes, elle était froide… Il croisa son regard, un regard implorant, terrifié et douloureux. Il était épuisé et ses paupières semblaient se fermer toutes seules.

 

« Reste avec moi ok ?! Qui va me nourrir le soir si tu claques ? Me fais pas ce coup là ! En plus tu sais bien que je suis une merde pour faire les courses, je sais même pas choisir un shampooing. Tu te souviens la fois où j’en ai acheté un pour teinture ? Au bout de trois fois j’avais les cheveux qui viraient verts… »

 

Il faisait tout pour qu’il se concentre sur lui et qu’il reste éveillé. Ca semblait marcher assez bien, il continua alors de parler en racontant tout et n’importe quoi, il essayait aussi de sourire et de ne pas laisser sa voix se briser.

 

L’ambulance ainsi que les pompiers arrivèrent enfin. Ils réussirent à extraire Axel du pare choc de la voiture déformée selon son corps, la vue de son ventre écrasé, ouvert, de ses jambes brisées, de son corps mit en charpie fit pâlir encore plus Damien. Il monta dans l’ambulance accompagnée de Stéphanie qui s’était finalement évanouit. Le conducteur quant  à lui resta sur place avec un pompier en attendant la police. Durant tout le trajet le garçon aux cheveux noirs essayait de rester calme et de ne pas regarder son ami sur la civière déjà en train de subir les premiers soins, qui étaient avant tout de dégager tout le sang qui s’accumulait dans sa gorge, risquant de l’étouffer. Les seuls sons que l’on entendait dans cette ambulance étaient : la sirène du véhicule, les agitations des infirmiers et surtout, le bruit lent, stressant et heureusement incessant de l’électrocardiographe. Damien était encore trop choqué pour poser des questions et il ne fut qu’à moitié rassuré quand l’ambulance s’arrêta devant l’hôpital.

 

Damien accompagna Stéphanie, toujours inconsciente sur la civière, avec l’infirmier dans le couloir. Tous les médecins s’étaient précipités sur Axel en voyant son état, laissant alors la jeune fille seule. Quand elle se réveilla l’infirmier lui donna de l’eau et du sucre. Ils attendirent alors ensemble dans le couloir, elle assise sur sa civière, lui appuyé contre le mur. Ils espéraient vraiment que leur ami n’avait rien de sérieux, que ce n’était que superficiel, mais le jeune homme en doutait fortement malgré son espoir. Comment après un tel accident pouvait-il s’en sortir avec seulement quelques contusions ? Il tremblait légèrement face à sa peur, mais faisait tout pour se contrôler. Il ne devait pas flancher devant Stéphanie qui était déjà bien assez paniquée comme ça. Elle s’en voulait à un point presque inquiétant. Damien était de ce genre de personnes qui pensent davantage aux biens des autres qu’à leur propre bien. Et donc même si lui-même se faisait un sang d’encre pour son ami, il préférait se faire confiant et rassurant.

 

 

« Tu devrais aller voir un médecin aussi Stéph’, ton poignet est presque violet…

- Ce n’est rien, je préfère attendre ici…

- Tu veux un autre verre d’eau ?

- Oui merci. »

 

Cette ambiance était vraiment étouffante, les minutes passaient avec une lenteur sadique, comme si elles riaient de les voir ainsi, inquiets, retenant leur souffle dès qu’un médecin passait près d’eux ou dès qu’une porte du couloir blanc s’ouvrait. Damien n’arrivait pas tenir convenablement le petit gobelet, soit il tremblait trop et le liquide se renversait, soit il ne le tenait pas suffisamment et il finissait au sol. Il dû s’y reprendre à trois fois avant de finalement pouvoir amener le gobelet à destination. Cette attente était tout bonnement insupportable, ça ne faisait pourtant qu’une petite demi-heure qu’ils étaient là ! Il revint enfin auprès de Stéphanie et lui tendit l’eau, il s’assit près d’elle. Il regardait les autres personnes de la salle, des accidents mineurs pour la plupart, mais il était étonné de constater que chaque patient qui attendait les regardait avec compassion et encouragement. Il faut dire que l’arrivée du brancard ne s’était pas faite dans la discrétion.

 

« Je ne devais pas venir en cours aujourd’hui… Je devais encore moins venir à pied, pourquoi je n’ai pas pris le bus ? Pourquoi j’ai coupé par le parc ? La voix de la jeune fille commençait à se briser et quelques sanglots sortirent de sa gorge pourtant nouée.

- Ce n’est pas de ta faute, il va s’en sortir ne t’inquiète pas, répondit Damien en la prenant contre lui, lui caressant doucement le dos.

- Il faut qu’il s’en sorte ! Tout est de ma faute, j’aurai dû rester chez moi. Pourquoi il faut qu’ils partent tous ?! Si je n’avais pas été distraite j’aurai vu la voiture arriver.

- On pourrait refaire le monde avec des « si » et il ne va pas mourir tu m’entends ? Damien la tenait par les épaules et la regardait d’un regard humide mais sérieux. Il va s’en tirer d’accord ! Et tu n’y es pour rien. Je t’interdis de penser une telle chose !

- Mais il…

- Il n’y a pas de mais ! Ne sois pas aussi pessimiste, espère ! »

 

Il la lâcha délicatement quelques minutes plus tard, prétextant une envie pressante mais il se leva et prit la direction de la cour de l’hôpital. Il s’assit sur un banc, mit aussitôt sa tête dans ses grandes mains aux longs doigts de pianiste et laissa les larmes couler et ses sanglots sortir, il fallait qu’il se calme et que sa peur sorte. Il ne voulait pas craquer devant la jeune femme. Il n’avait jamais aimé pleurer devant qui que ce soit. Même Axel ne l’avait sans doute jamais vu verser une larme. Il resta ainsi plus d’une dizaine de minutes jusqu’à ce que la jeune fille le rejoigne, passant ses bras autour de son cou, posant sa tête contre la sienne. Elle était debout derrière lui, l’enlaçant ainsi un long moment pour se faire pardonner ses paroles de mauvais augures. Finalement Stéphanie se détacha de lui et prit son téléphone, il fallait prévenir quelqu’un. La jeune fille appela donc Christelle qui fut là en même pas dix minutes. Elle avait quitté les cours à une vitesse incroyable. Sa moto s’arrêta juste devant eux, elle enleva son casque, ses cheveux mi-longs blonds lui tombaient de part et d’autre de son petit visage fin. Elle embrassa rapidement son amie avant de venir se mettre sur les genoux de Damien et de le serrer contre elle. Le jeune homme passa aussitôt ses bras autour de sa taille et finit de pleurer contre elle. Ce spectacle déchira le cœur de Stéphanie aussi bien que celui de Christelle. Il ne pouvait vraiment plus faire semblant d’être confiant, il était tellement mort de peur pour Axel.


Et voilà, déménagement de ces premiers chapitres terminé ! Ils sont tous au chaud dans leur nouvelle demeure. Comme ça, tout est reunis au même endroit pour le grand bonheur de tous. (Ce sera plus simple que de jongler entre les différents blogs pour lire telle ou telle suite). 

Du coup, je posterai la fin de ce troisième chapitre plus tard. Bah oui il faut vous faire mariner un peu quand même x)

accident, angoisse, drame, etrange, explicite, fiction, gore, peur, surnaturel

samedi 08 décembre 2012 00:26 , dans Wheel of Dream (en cours)



1 Fan


1 commentaire(s)

  • tenshiblood sam. 08 déc. 2012 10:53
    ToT je vais verser une petite larme si ça continue comme ça :p


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